Cartographie d’un sentiment (Russie, hivers)

La carte représente le lieu de Nikola Lenivets au bord de la rivière Ugra. Le calme est le sentiment que je décide de cartographier – Quiétude – Médium : encre, aquarelle et crayons.

Paysages de taïga et de forêts interminables de Moscou à l’oblast du Kaluga. Il n’y a pourtant que 200 kilomètres. Dieu sait si le temps peut vite passer, mais à Nikola Lenivets c’est l’inverse.

Rupture avec les journées de transports, le vacarme moscovite. C’est le lieu du manque de réseau et celui de la fluidité à la fois. Le quotient est épuré. Pas de douche ni d’électricité, que du vent. Certains seraient tentés de qualifier ces semaines de vies de précaires. Et si on venait avec son matériel ? Adieu quiétude, arbres et tas de neige. Ici, c’est une quiétude créative qui drape mon territoire russe.
Sincère, omniprésente, et puissante, la quiétude des rives de l’Ugra change d’intensité au fur et à mesure de la promenade linéaire. Certains points désorientent plus, d’autres moins. Je les gradue par des numéros. D’un minima à un maxima, couplé d’un temps hivers et l’été (brun, jaune).

1. S’échapper, fuite
2. Banal
3. Arpentage
4. Point d’arrêt
5. Dérive, y être disponible
6. Imaginaires
7. Ne pas rentrer

J’ai voulu traiter ce territoire de la quiétude par la respiration du papier. Le blanc comme réserve d’envies et de désirs. Les endroits les points paisibles disparaissent, au lieu d’être traités par un contraste habituel noir / blanc.

La carte en elle même. La rive sud de l’Ugra prend une part importante. Elle est attractive par son inaccessibilité, ses couleurs, ses arbres figés en arrière-plan. Elle est ma « réserve d’imaginaires ». Elle nous accompagne tout au long de la promenade.

 

Projet, mis en exergue de la quiétude

La plateforme de bois permet de contempler. C’est une évasion mentale dans les méandres de l’Ugra (dessin). Ce lieu n’a pas besoin d’amélioration puisqu’il est le maximum de mon échelle d’intensité. Seul, l’été est à redouter.

J’imagine soit profiter de la pente avant d’arriver à la plateforme de bois, soit d’intervenir sur la programmation directe du festival. Par exemple en pensant aux corps dans l’espace et la façon dont les spectateurs réagissent. Je me souviens d’une répétition à la Rotonde sans y avoir été préparée. Ni moi ni d’autres gens qui s’y reposaient aussi.

Aussi, dans le cadre de la quiétude, quels mouvements peuvent amplifier le délassement des corps ? Et si le public du festival, fervent artiste, était acteur dans ce lieu ?